Guide de visite


Un patrimoine historique à préserver

Organisée de façon circulaire autour de sa Motte féodale, Mauguio a
traversé les siècles pour devenir aujourd'hui la 7ème ville du département
de l'Hérault avec près de 15 000 habitants.

Sur le territoire de Mauguio, une quarantaine de sites archéologiques a
permis de dater les premières traces d'habitations à 4000 ans avant Jésus
Christ. Mais la vie de la commune commence réellement à la fin du premier
millénaire de notre ère, avec la construction d'une Motte féodale et un rôle
économique de premier plan jusqu'au XVe siècle. Cette Motte qui trône au
coeur du vieux village est un vestige essentiel et prestigieux de l'Histoire
de Mauguio.
Depuis sa construction vers 960, jusqu'à sa transformation en jardin au
début du XXe siècle, elle est le symbole de l'identité melgorienne.
Son relief, totalement artificiel, a été créé avec les sédiments de l'étang
pour y installer le premier château des Comtes de Melgueil. Cette puissante
famille, héritière des Comtes de Maguelone, avait mis à profit la décadence
de la dynastie carolingienne pour s'attribuer le pouvoir royal et ses
prérogatives, dont celle de battre monnaie. Le denier melgorien, apparu
entre 949-963, a circulé dans toute la Méditerranée, et a fait la renommée
du comté. Il a été l'une des principales monnaies en cours dans le Midi de
la France jusqu'au XIVe siècle.

Mauguio est ainsi restée plusieurs siècles durant le chef-lieu du comté.
C'est ici qu'a été établi l'acte de naissance de Montpellier après la donation
des terres en 985 par Bernard de Melgueil à la famille des Guilhem. Au début
du XVe siècle, Mauguio passe à la couronne de France lors de l'installation
des papes à Avignon.

Après avoir été catholique des siècles durant, le village devient un
véritable fief protestant avec les guerres de religion - de 1560 jusqu'à
1685, date de la Révocation de l'Edit de Nantes. L'ancien comté connut des
décennies d'agitation intense tout au long du XVIIe siècle, notamment
pendant les guerres de Rohan. Le départ des protestants semble avoir
déterminé le déclin de la ville.

Le XIXe siècle amorce un nouvel essor. Comme partout dans le Midi de la
France, Mauguio s'enrichit grâce à la viticulture. Les maisons de maître du
vieux village témoignent de ce développement qui a perduré jusque dans les
années 1950. La construction du belvédère et d'un château d'eau sur la Motte
féodale, destiné à alimenter les fontaines et les lavoirs du village,
incarne l'avènement de ce progrès marqué par l'apparition des courants
hygiénistes.
Le jardin de la Motte, crée en 1906 -copie modeste des Buttes Chaumont - est
également le signe de cette nouvelle richesse. Ce jardin « post
romantique », autrefois très fleuri et paré de nombreuses essences
exotiques, a été classé en 1992 au titre de la Protection des Sites Naturels.

1) La place publique :
Lieu important de la vie sociale, c'est sur la place que la foule converge,
de manifestations en protestations, de fêtes en défilés. Les anciens
tiennent « le coin de la place » en discutant. L'hôtel de ville, l'église,
les cafés et les maisons de maître l'entourent comme un écrin. C'est ici que
se disputaient les courses de taureaux avant la création des arènes.

2) La Motte :
La venue des Comtes à Melgueil vers 920 fait de ce lieu le centre de la vie
communautaire puisqu'ils y installent leur château vers 960. Transformé en
jardin public au début du XXe siècle, ce symbole cristallise une nouvelle fois
l'identité melgorienne.

3) L'hôtel des monnaies :
Les Comtes de Melgueil possédaient le rare privilège de battre le « denier
melgorien » dans cet atelier. Haut lieu du patrimoine melgorien, il a
aujourd'hui disparu.

4) Le château :
Résidence des Comtes au Moyen Âge puis des évêques, il possède encore
quelques éléments architecturaux du XVIIe siècle, classés par les Monuments
Historiques.

5) Les lavoirs :
Avec l'avènement de la viticulture, la commune se dote d'équipements
communaux modernes. Les lavoirs sont construits en 1902-1903 et alimentés en
eau courante grâce au château d'eau élevé sur la Motte.

6) Le foyer :
A l'emplacement de l'ancienne salle de cinéma, on élève le foyer dans les
années 30. Ce sera désormais le lieu de tous les rendez-vous : salle de bal,
de théâtre, de projection... Réaménagé en salle multiculturelle en 2003, il
trouve là une nouvelle vie.

7) La Grand'Rue :
Artère principale du village, tous les commerçants y sont rassemblés car l'
animation y est constante. Les jeunes gens de l'époque ne s'y trompaient pas
et « faisaient la Grand'Rue », déambulant incessamment en habit du dimanche
dans l'espoir de faire des rencontres...

8) L'hôpital :
Autrefois hôpital lors des grandes épidémies du XVe siècle, puis école
catholique au XXe siècle, cette habitation privée a gardé son caractère
massif grâce à une restauration réfléchie et de qualité.

9) L'église :
Reconstruite fin XVIIe siècle à l'issue des guerres de religion, sur
l'emplacement de l'ancienne église St Jacques, elle abrite plusieurs tableaux
classés ainsi qu'un monument dédié à la venue des papes à Mauguio entre 1096
et 1165.

10) L'Hôtel de Ville :
Imposant édifice construit en 1902 grâce notamment à une donation du
Professeur Etienne Frédéric Bouisson, il marque une fois encore plus la richesse
de la ville à cette époque.

11) Les maisons de maître :
Elles sont construites au début du siècle par les riches propriétaires
viticoles désireux d'afficher publiquement leur réussite sociale et
économique. On en dénombre d'une douzaine dans le village. Leurs façades
sont souvent décorées de motifs se rapportant à la vigne. Un jardin jouxte
également l'habitation et la sépare ainsi des bâtiments agricoles, caves,
granges et hangars.

12) Rue Voltaire :
De nombreuses habitations présentent des motifs architecturaux remarquables
(bandeaux décoratifs, fenêtres à meneaux). Datés du XVIème siècle, ils
témoignent de la richesse et de l'ancienneté de cette partie du village.

13) Le temple :
Reconstruit en 1812, sa façade élégante et sobre est un modeste témoignage
du passé protestant de la ville.

14) Les écoles :
Construites sur les fossés, de part et d'autre de l'ancienne porte Notre
Dame, les écoles marquent le développement du village qui peu à peu a
dépassé l'enceinte des remparts pour s'étendre en habitats pavillonnaires
le long des routes de Montpellier, Lunel et Candillargues.