Le Château des Comtes - Evêques de Melgueil

Le Château de Melgueil est classé au titre des monuments historiques en 2010. La Ville est propriétaire d'une des trois parcelles de ce monument.

Au cœur de Mauguio, et en lisière méridionale du site de la Motte, le Château occupe un ensemble limité par la place Jean Jaurès à l’est, la rue Diderot au nord et la rue Gambetta au sud ; à l’ouest se trouvait l’ancien Hôtel des Monnaies. Construit sur la même terre d’alluvions que la Motte, le Château de Melgueil a très certainement été bâti à l’endroit même où se trouvait le premier château en pierres des Comtes de Melgueil, datant du XIIe siècle.


Au cours des siècles, le Château a connu de nombreuses transformations, certains de ses éléments architecturaux ont été détériorés, modifiés ou détruits, alors que d’autres s’y sont rajoutés ; l’ensemble a été morcelé en différentes propriétés indépendantes et privées, tandis qu’autour les constructions modernes se sont densifiées, l’enchâssant encore davantage. Ces caractéristiques expliquent que le Château soit resté longtemps peu ou mal connu. La réhabilitation, aujourd'hui entreprise, a pour but de dévoiler ce joyau patrimonial.

Face aux problèmes de conservation du bâti, la ville a procédé à de nombreux diagnostics, études, analyses et études scientifiques (archéologiques, architecturales, dendochronologiques…). Ensuite, un vaste chantier de restauration de la parcelle communale a été lancé, les travaux ont débuté en octobre 2017 et le chantier devrait durer un an.

Le Château de Melgueil se présente sous la forme d’une vaste demeure aristocratique. Si au niveau des décors, certains remontent à la fin du Moyen Age, d’un point de vue architectural le bâtiment présente un programme de construction des XVIe et XVIIe siècles. Pour rendre au monument sa lisibilité et dans un souci d’exactitude, la réhabilitation prévoie l’effacement d’éléments superflus ajoutés aux XIXe et XXe siècles.

Le Château possède une très belle façade sur jardin. Il est composé d’un rez-de-chaussée et de deux étages, desservis par un escalier. De nombreux éléments architecturaux remarquables attestent de la qualité de l’édifice et de l’occupation du bâtiment par des propriétaires importants :


- la vaste salle d’apparat qui présente pour couvrement une voûte nervurée complexe, en rez-de-chaussée. Elle est couverte d’une voûte à liernes et tiercerons d’une facture exceptionnelle, reposant sur des colonnes engagées. Elle est datée du XVIe siècle et est comparable à celles des cathédrales d'Albi et de Viviers.

- la galerie ou couloir, en rez-de-chaussée, présente une voûte d’arêtes. Le profil relevé est cependant distinct de la grande salle contiguë.

- deux décors sculptés, au dessus d’un linteau de porte, en rez-de-chaussée. Une sculpture en haut relief représente un lion, il daterait du bas Moyen Age.

Au dessus du lion, on trouve un bas relief composé d’un blason, et d’une mystérieuse inscription, actuellement indéchiffrable. Les deux décors présentent des traces de polychromie et sont très certainement des décors de réemploi. Une fois le lieu réhabilité, ils seront conservés in situ et exposés.

- une tour d’escalier à vis octogonal, à la facture très soignée, avec couverture de dalles rayonnantes. La partie sommitale a été conservée.

- une cheminée monumentale, avec décor raffiné en gypserie, au premier étage, l’étage noble. Elle serait datée du XVIe siècle.